• christophe Dupeyre

C’est la danse des abeilles …



Nouvelle incursion dans le monde des abeilles : nous nous intéresserons en cette période de fête à un comportement peu connu des abeilles, leur danse !


Peut-être avez-vous déjà entendu parler de cette capacité quelque peu intrigante pour une abeille de danser ? Mais de quoi parlons-nous exactement lorsque nous évoquons la danse des abeilles ? Pourquoi dansent-elles ?


Si chez nous les humains, la danse peut être parfois une tentative maladroite et peu assurée d’entrer en communication, elle est au contraire chez l’abeille, totalement maitrisée et assez sophistiquée. Vecteur d’informations complexes, certains iront jusqu’à parler de langage, la danse est bien pour l’abeille un moyen de communication.


Mais comment alors s’y prend-elle ? Voilà une question qui a mis quelques siècles a trouvé sa réponse.


Si dès l’Antiquité Aristote constate la capacité des essaims à attirer de nouvelles butineuses vers des sources de nourritures utiles pour la colonie, il faudra attendre le XXième siècle pour démêler le pourquoi du comment.


En 1920 un certain Karl Von Frish, éthologue de son état, émet le premier l’hypothèse que les danses abeilles sont porteuses d’informations sur les sources de nourriture aux alentours de la ruche. Spécialiste des perceptions sensorielles des animaux, il arrivera 20 ans plus tard à identifier les premiers mécanismes de la danse frétillante des abeilles. Il sera récompensé d’un prix Nobel de physiologie en 1973 pour ces travaux. Depuis lors, les connaissances sur le sujet n’ont jamais cessé de s’enrichir.


Dans la vie de la colonie, les abeilles les plus expérimentées sont chargées de la collecte du nectar nécessaire à la production de miel : ce sont les butineuses. Parmi elles les éclaireuses doivent être capable de caractériser l’environnement proche et éloigné de la ruche – l’aire de récolte peut atteindre un rayon de 3 km ! – et d’en identifier les sources de nectar. Ces informations essentielles à la survie de la colonie doivent être partagées aux autres butineuses, par le biais de la danse donc.


Alors comment nos abeilles s’y prennent elles pour s’expliquer en dansant ?


Qui dit danse, dit forcément piste de danse. Pour l’abeille ce sont les rayons des alvéoles à l’intérieur de la ruche qui font office de dancefloor. Sur cette piste, les chercheurs ont pu mettre en valeur 3 danses différentes avec chacune un degré d’information différent.


Niveau le plus simple d’information, la danse en rond indique simplement qu’un lieu intéressant a été repéré non loin de la ruche. L’éclaireuse tourne en rond sur les alvéoles et indique rapidement à ses collègues de la présence d’une source de nourriture dans un rayon de 50 m autour de la ruche. Ses dernières s’aident des parfums dont l’éclaireuse est imprégnée pour retrouver le site dans ce rayon.


Lorsque la source est un peu plus éloignée, les éclaireuses effectuent une danse en faucille dans laquelle est codée cette fois ci une indication sur la direction à suivre. A travers cette danse l’éclaireuse indique une source de nourriture intéressante « vers là-bas et pas trop loin » de la ruche, charge aux autres butineuses de finaliser la recherche par elles même.


Dans le cas de sources de nourritures encore plus éloignées, donc plus « coûteuses » à exploiter, les éclaireuses utilisent un troisième type de danse : la danse en huit ou la danse frétillante. Comme ses noms l’indiquent, l’abeille effectue ici une forme de huit un peu aplati avec une ligne droite centrale le long de laquelle elle va faire frétiller son abdomen. Une danse encore plus élaborée pour transmettre des informations plus précises encore. Par le biais de cette danse, les abeilles sont en mesure d’indiquer la direction, la distance et la richesse de la source de nourriture.

  • La direction : comme dans la danse en faucille, pour connaître la direction à suivre les abeilles doivent se fier à l’angle entre la ligne droite formée par les mouvements frétillants de l’éclaireuse, et la verticale. L’angle ainsi formé correspond à celui entre la direction du soleil et la direction de la source alimentaire.

  • La distance : la durée du frétillement lors de chaque ligne droite est directement liée à la distance. Donc plus il y a de frétillements, plus il faudra parcourir une longue distance pour trouver le lieu de butinage.

  • La richesse du lieu : plus il y a de « 8 » et de frétillements, plus la source est riche en nourriture.



Voilà donc comment les abeilles sont capables de communiquer en dansant : elles sont non seulement capables d’analyser un environnement, de se géo localiser mais également de transmettre ses informations aux autres butineuses de la colonie ! Plus la source de nourriture est éloignée de la ruche, plus les informations transmises sont précises et donc plus la danse est élaborée, ce qui revient à dire pour paraphraser un autre monde merveilleux: danser plus pour récolter plus ou pour dépenser moins en énergie !


Un petit lien pour illustrer ça en vidéo



Une petite animation bien faite pour comprendre la danse frétillante




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